|
Revue de Presse
| Liberation - 2004-09-24
Aller voir
|
Des salariés soignent la vitrine L'association Altran c'est nous! veut réhabiliter l'image du groupe.
Par Nicolas CORI
Difficile de vivre dans une entreprise quand elle est devenue synonyme de scandale financier. Et que son propre avenir risque d'être obéré par la prochaine mise en examen d'un de ses dirigeants. Ce constat, les 16 000 salariés d'Altran le font, comme ceux de Vivendi ou du Crédit Lyonnais dans le passé. Mais certains essaient de réagir pour redresser l'image du groupe de conseil en technologie. C'est le cas d'Altran c'est nous !, association de salariés revendiquant une centaine d'adhérents.
Depuis sa création, en novembre 2002, l'organisation a du mal à se positionner. Elle n'est ni une émanation du PDG, chargée de relayer ses messages, mais pas pour autant un syndicat de défense des salariés. «On nous fait plein de reproches, explique Vincent Iacolare, son président. D'un côté, on nous critique d'être prodirection, mais d'un autre, la direction nous dit qu'on parle trop à la presse.» Altran c'est nous ! se veut en fait l'âme de l'entreprise. Sa profession de foi proclame que son objectif final est de poursuivre «la dynamique engagée pendant vingt ans et qui a fait d'Altran l'un des "contributeurs au développement de l'entrepreunariat et l'innovation en France et en Europe"». Créé en 1982, le groupe a effectivement inventé une activité nouvelle : conseiller d'autres entreprises dans des domaines très pointus (biologie, informatique, chimie...). Pour Iacolare, entré dans l'entreprise il y a dix-huit ans comme consultant, Altran a des «valeurs» : le «management participatif», «l'organisation en réseaux» ou la «proactivité». Et il craint aujourd'hui que «l'entreprise rentre dans une logique purement financière et perde son mode d'organisation décentralisé qui fait sa force».
Pour ses détracteurs, l'association a un discours limite «d'adeptes de secte» (un ex-cadre aujourd'hui en conflit avec la société). Altran c'est nous ! a du mal, il est vrai, à expliquer comment les valeurs qu'elle défend ont pu être incarnées par des personnes qui ont commis des fautes. Et elle a du mal à s'en prendre directement au PDG, Alexis Kniazeff. Mais du fait de la quasi-absence de syndicats dans le groupe, l'association n'a pas eu de mal à s'imposer comme un interlocuteur critique de la direction. Elle peut se réunir dans les locaux du groupe, se voir confier des informations sur la stratégie tout en émettant des doutes sur celle-ci. Enfin, Altran c'est nous ! est devenue la vitrine extérieure du groupe, grâce à son site Internet (1), constamment réalimenté. Et surtout aux carences en communication de l'entreprise : Kniazeff n'aime pas du tout les contacts avec les médias. Avant la crise, cela ne posait pas de problème, et la communication était confiée à Michel Friedlander, l'un des directeurs généraux. Aujourd'hui, ce dernier a démissionné et «Altran n'est plus incarné», estime un spécialiste de la communication. Mais Kniazeff n'a pas l'air de s'en préoccuper. Il vient bien de changer d'agence de relations avec la presse, passant d'Image 7 à Euro-RSCG, mais refuse toujours les interviews. Altran c'est nous ! continuera donc à parler à sa place.
|
|
| Interview d'Alexis Kniazeff à la tribune | Le PDG d'ALTRAN prend la parole et répond aux questions des journalistes de La Tribune Lire l'article |
| Droit de Réponse de Frédéric Bonan | Suite à l'interview d'Alexis Kniazeff, un droit de réponse de M. Frédéric Bonan est publié dans l'édition de la tribune du 7 octobre 2004. Lire |
|